iStock-485627208« Les États membres ont enfin pris leurs responsabilités ! J’espère que ces cinq années permettront de mettre en place des alternatives. Il ne faut pas laisser dans l’impasse technique les utilisateurs de cette substance, sous peine de les pénaliser sur un plan sanitaire, environnemental et économique. Il est primordial d’accompagner tous les professionnels du secteur ! », a déclaré Angélique Delahaye, à l’issue du vote des États membres.

Pour rappel, le Parlement européen avait voté un « phasing out » de cinq ans, c’est-à-dire une sortie progressive du glyphosate. La Commission européenne a entendu l’appel du Parlement européen en proposant un renouvellement de cinq ans, seul choix possible juridiquement. En effet, selon les textes la Commission européenne ne peut qu’interdire ou renouveler. Aux États membres maintenant de se saisir également de la proposition du Parlement européen. Seuls les États membres peuvent prendre nationalement la décision d’une sortie de l’utilisation du glyphosate en  interdisant, par exemple, progressivement les formulations commerciales sur leur marché.*

Par contre, si nous voulons que ce soit un succès et éviter toute concurrence déloyale au sein du marché intérieur comme à l’international, il est primordial de mettre les fonds nécessaires pour développer des alternatives, mais aussi, notamment au niveau du marché intérieur, d’éviter des délais de sortie différents. Si la France décide trois ans au lieu de cinq ans, elle risque de créer de facto un problème de concurrence pour nos agriculteurs.

Quant à l’évaluation scientifique de la substance glyphosate, réalisée par l’EFSA (Autorité européenne de sécurité des aliments) et validée par l’ECHA (Agence européenne des produits chimiques), « les évaluations scientifiques ont été conduites avec sérieux. Elles ont d’ailleurs été corroborées par les vingt-huit agences nationales ainsi que par d’autres agences d’évaluation des risques à travers le monde. Si le système ne convient pas il faut le modifier, il faut le renforcer, mais attention, à vouloir le décrédibiliser en permanence la seule chose que nous allons obtenir, c’est une crise de confiance générale et une remise en cause permanente des décisions européennes », a souligné l’eurodéputé.

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* Pour rappel les substances actives sont autorisées au niveau européen par les États membres via un comité d’experts sur proposition de la Commission européenne.

Les formulations commerciales, à savoir le mélange de la substance active avec des conformulants, sont autorisés par les États membres sur leur territoire, ce sont donc ces dernières que l’on retrouve sur le marché.

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